jeudi 12 janvier 2012

Exposition QUE SERA, SERA


Jules Bouteleux – David Droubaix – Simon Dronet – Laurie Etourneau/Lucie Orbie – Julien Fargetton – Guillaume Fouchaux – Cat Fenwick – Adrien Guigon – Elise Guihard – Pierre-Yves Helou – Chloé Jarry – Romain Rambaud

Atelier Alain Lebras – 10 rue Malherbe 44000 Nantes
Du 19 au 30 Octobre 2011

Les premiers pas dans la galerie Alain Lebras nous annoncent rapidement la couleur de cette exposition collective qu’est « Que sera, sera ». Et justement de la couleur il y en a .Nos yeux sont accueillis par un demi arc-en-ciel de tuyaux (Adrien Guigon) en face à face avec un proche cousin (de carton) d’une des égéries des films de série B. A ses pieds clignote un néon : « It’s the real thing » (Guillaume Fouchaux)
Nombreux sont ceux qui s’arrêteraient là : « C’est coloré, c’est pop, c’est jeun’s »
Mais attention, même s’ils n’ont pas tout à fait tort, on se construit et s’exprime avec l’univers dans lequel on a baigné.
C’est ce que j’ai aimé trouver.
Un peu d’avant-hier, d’aujourd’hui et de demain.
Le fruit de la collaboration des artistes Laurie Etourneau et Lucie Orbie en est un bon exemple : une installation présentant une partie d’une pièce, sûrement une partie d’un souvenir sauvegardé, mais derrière soi. Une opération « mémo-sensorielle »  nommée comme un geste informatique.
            Ce n’est pas une exposition de souvenir. Il va falloir creuser la surface et aller vers le cœur de l’œuvre, inverser le processus.
            J’aurais pu tout aussi bien choisir de parler de l’œuvre au nom éponyme de cette exposition (proposé par Julien Fargetton) qui mêle si bien le jeu enfantin de la « Bouteille » / « Cuillère », sa pièce tourne sans fin, évolution fatidique de ce jeu qui n’offre désormais plus un baiser ou un gage au désigné, mais une lame, insaisissable. D’autres y verront une horloge dont on ne pourrait freiner les aiguilles …
            Il ya bien sûr d’autres œuvres qui pourraient aussi bien illustrer mon propos, étant donné que ce sont treize artistes qui sont présents et comme dans toutes les expositions collectives, il y en a pour tout le monde.

Antonin Gerson.

 Que sera, sera – Julien Fargetton – 2011

Arc-en-ciel – Adrien Guigon 2011

La chambre des registres – David Droubaix – 2010

FRAC des Pays de La Loire.


Sois Naturel, Sois Toi-Même.
JIANG PENGYI
DUAN JIANKU
YANG XINGUANG
HUANG XIAOPENG
YANG GUANGNAN
KAN XUAN.




Un vendredi après-midi froid et brumeux.
Une promenade à la campagne.
De la verdure. Tout autour de nous.

Se distingue parmi les arbres une forme architecturale.
Epure.



On entre dans le spacieux espace d'exposition, il ne fait pas bien chaud là- dedans.
Une lumière artificielle tamisée renforcée par la lueur de ce jour gris diffusée par une large baie vitrée dans le fond de la salle.

Sur le mur, deux films. De la brume, la nature, une peinture romantique animée par la vidéo. Une immersion dans le monde de Caspar David Friedrich, c'en est presque magique.
Un homme de dos regarde au loin.
Un canoë qui tourne en rond traçant sur la mare un cercle parfait qui disparaît alors que les plantes aquatiques reprennent leur place.
Des images pleines d'émotions à rapprocher des estampes d'Hokusaï.

Deuxième salle. Mon regard est attiré par une installation murale.
A première vue, cela ressemble fort à des sortes de libellules de métal.
Finesse, délicatesse, légèreté.
Leur ombre projetée s'étire sur le mur avec élégance.

Je me rapproche. Les libellules se transforment en club de golf, fixée sur des couteaux de cuisine d'une certaine marque suédoise.
(je reconnais mon couteau à pain, et mon hachoir à légumes). Un agréable clin d'œil.
Mais ces couteaux plantés à même le mur amènent une forme de violence déroutante dans cette œuvre d'abord si poétique.

Troisième salle. Agression. J'ai mal aux pieds.
Une forêt de morceaux de bois taillés comme des crayons jonche le sol.
Des petits, des grands. Cette œuvre a du piquant !


Sois Naturel, Sois Toi-Même, rassemble six artistes chinois en résidence au FRAC des Pays de la Loire.
Exposition, hymne aux rapports de l'homme à la nature, aux objets abandonnés, manufacturés ou pas.
Esthétique asiatique.


Margot GACHES





YANG XINGUANG - Sharp point, 2011.


HUANG XIAOPENG – Nous avons ouvert le sud de certaines terres en friche stupide comme toujours nous devons rentrer à la maison à la terre, 2011.


JIANG PENGYI – SUDDEN, 2011.

Nan Goldin : The ballade of Sexual Dependancy 1981-1993


L’exposition se passe dans un espace qui a déjà vécu, le lieu unique, symbole de l’histoire industrielle nantaise. Le lieu s'harmonise alors avec le travail élaboré par l’artiste car le thème de la temporalité y a une place importante. En rentrant dans l’exposition, on se retrouve dans un espace sombre pour assister à une projection. La projection dure 40 minutes, 40 minutes pour décrire une vie, des vies, 40 minutes pour décrire la vie qu'a vécue Goldin, ce qui fait la matrice de son travail. Cette projection est découpée par des musiques, des mélodies, qui se rapportent la plupart du temps aux sujets traités. La sexualité, la violence faîtes aux femmes, la place de l’homme dans cette société violente, mais aussi les joies de la vie et la mort. Toujours présentes les musiques apparaissent parfois superflues face aux photographies.
Les couleurs qui émanent de ces photos apparaissent archaïques pour les jeunes artistes car elles évoquent les années 80, l’argentique, les années sida, etc. Il y a un jeu de lumière qui opère au sein de ces tirages rappelant les travaux sur le dogma* avec Lars van trier mais aussi avec Kubrick. Dans un second rapport de force le spectateur tend à s’identifier aux personnages présents sur les photos ce qui renforce le lien tissé avec l’artiste.
Les images deviennent presque du photojournalisme par moment alors que l’on sait très bien que Goldin a pris ces photos en amateur.
En ressortant de cette projection il y a l’aspect de témoignage que nous laisse Goldin via ses photos ce qui nous amène à nous poser des questions sur l’éphémérité de la vie.

*Le Dogme95 est lancé en réaction aux superproductions anglo-saxonnes et à l'utilisation abusive d'artifices et d'effets spéciaux aboutissant à des produits formatés, jugés lénifiants et impersonnels. Le but du Dogme95 est de revenir à une sobriété formelle plus expressive, plus originale et jugée plus apte à exprimer les enjeux artistiques contemporains. Dépouillés de toute ambition esthétique et en prise avec un réel direct, les films qui en découlent cristallisent un style vif, nerveux, brutal et réaliste, manifesté généralement par un tournage entrepris avec une caméra 35mm portée au poing ou à l'épaule et avec improvisation de plusieurs scènes. Source Wikipedia

Celestin Fresnay


NanGoldin- '' James King''1997

'' nan-goldin-gotscho-kissing-gilles-paris-1993 ''    


Arno Rafael MINKKINEN


Exposition Arno Rafael MINKKINEN
Du 4 novembre au 31 décembre 2011 à l'Abbaye aux Dames à Caen dans le cadre du festival des Boréales.


Sérénité
Mouvement
Interrogation


Exposition en mouvement, contorsion du corps
Du début à la fin de l'exposition la même interrogation est suspendue dans nos esprits :

« Comment arrive-t-il à être dans cette position ?
« Comment peut-il maintenir cette posture le temps de la photographie ? » (photo White Sands)
(Les spectateurs tentent de reproduire la position, en vain.)

La nudité du corps apparaît, disparaît. Pendant toute l'exposition, un jeu se met en place, réussir à identifier le corps dans le paysage.
Le corps devient paysage, le paysage devient incongru.
Dans ces photographies, l'œil oublie le paysage et se concentre sur la nudité du corps. L'œil cherche l'identité de ce corps.
Il joue avec les verticales de son corps et celles du paysage et recréé ainsi un espace dans un autre.
Les paysages choisis ne sont pas pris au hasard, on retrouve toujours une nature sobre, épurée qui met à la fois son corps et le paysage en évidence.

Elasticité du corps, stupéfaction

La pose, la lumière, le contraste font de ce corps un non corps.

Mélissandre Bravo



White Sands, New Mexico, 2000 ©



Asikala, Finland, 1992  ©



White Sands, New Mexico, 2000 ©

Photoquai 2011


Musée du quai Branly ,Paris
du 13 septembre au 11 novembre 2011

  Bahrein, Afrique du sud, Brésil , Colombie, Inde, Laos, Nouvelle Zélande, Taïwan, Tunisie, Australie, Cambodge... Voilà le voyage que l'on peut faire entre le musée du quai Branly et le pont d'Iéna.
  L'exposition se présente comme une grande promenade en bord de Seine, un « marché » de photos dans lequel on peut puiser de nouvelles idées chez ces photographes du monde entier encore peu connus. Le choix est vaste peut-être même trop, les sujets traités par les photographes sont souvent politiques ou sociaux et j'ai parfois l'impression de les survoler.
Mais c'est aussi l'intérêt de l'exposition qui permet de confronter les cultures et les esthétiques, de la mise en scène bollywoodienne à la photo-documentaire colombienne.
  Les photographies qui me frappent le plus sont celles du tanzanien Mwanzo Milligan qui présente des portraits d'enfants albinos en classe. L'artiste utilise ces personnes normalement méprisées dans leur pays comme sujets de portraits. La force de l'artiste est de réussir à créer une esthétique autour de ces physiques étranges et à changer notre regard sur eux. La lumière naturelle qui les éclaire et le cadre dans lequel l'artiste les place donnent une dimension picturale à son travail. On pense à des portraits de Vermeer. Le contraste entre les couleurs de peau des albinos et celle des autres enfants met en évidence la difficulté qu'ils ont à s'intégrer mais présente surtout ces personnes comme des beautés rares qu'il faut protéger.

Marine de Grossouvre



© Julián Lineros © musée du quai Branly, Photoquai 2011 



© Mwanzo Millinga © musée du quai Branly, Photoquai 2011 




© Hassan Hajjaj © musée du quai Branly, Photoquai 2011 


 Pour plus de renseignements : http://www.photoquai.fr/es/2011/accueil.html

lundi 28 novembre 2011

RETROSPECTIVE

Retrospective sur Eduardo Chillida
Commissariat de l'exposition : Ignacio Chillida

Fondation Maeght - 623 chemin des Gardettes 06570 Saint-Paul-de-Vence - 
Du 26 juin 2011 au 13 novembre 2011


On rentre dans la fondation Maeght.
Ce jardin hors du temps où des œuvres devenues paysages sont exposées à l'abri de pins parasols centenaires.
 Une statue est au milieu du bassin aux nénuphars de Braque. Je crois que je ne l'ai jamais vue avant.        L'exposition commence par cette statue peut être.
 Une fille qui travaille ici ouvre la porte.
 Voilà, c'est sûr, c'est là que ça démarre.
 Cette gravure est monumentale.
 Tout y est dit, mais il me faudra le reste de l'exposition pour le comprendre.
 Les problématiques de l'espace tridimensionnel y sont toutes abordées.
 Son rapport à la matière, la constante conversation entre vides et pleins.

 L'exposition avance d'abord timidement. Quelques dessins et gravures faits à ses débuts.
 Un torse d'homme.
 Je lis ici que je me trouve face à sa première sculpture en pierre, la seule figurative de l'exposition.
 Un escalier nous amène vers l'étage inférieur. On perçoit l'accent basque du sculpteur depuis les premières marches.
 Il s'adresse à nous dans une petite pièce pleine de ses gravures et de certains de ses textes.
 Quelques ébauches miniatures de sculptures visibles plus loin.
 Il ne parle pas beaucoup plus que ses travaux. Pas de superficielles ambitions, une formidable profondeur se fait sentir dans chacune de ses pièces, d'une précision, malgré leur aspect brut, qui ne laisse rien au hasard.
La sûreté des lignes et courbes de ses gravures se retrouve dans ses sculptures.
Chacune d'entre elle semble être un compromis trouvé entre le sculpteur et la matière.
Avec le temps les espaces se creusent, les pleins et les vides s'affirment.
La matière est souvent en apesanteur, toujours imposante, toujours lourde.
Équilibre d'une discussion arrivée à terme entre le fer, l'acier, la terre ou l'albâtre et Chillida.
Le résultat d'un corps à corps avec ses matières de prédilections.
La douceur de la terre chamottée, la rigueur des arêtes de l'acier, la lumière de l'albâtre, et à chaque fois le même sentiment d'aboutissement.
Comme un pied de nez et à la fois un hommage à la gravité comme à la matière : contournée, provoquée.
Une profonde sensibilité.
Un rapport à l'espace d'une finesse rare.
Jonas Delanglade




Elogio de la luz XX
1990, albâtre, 81 x 120 x 60 cm, Coll. Famille Chillida
Photographie de Jesus Uriarte



Arco de la libertad
1993, acier, 297 x 205 x 207 cm Coll. Famille Chillida
Photographie de  Alberto Cobo

PHOTOGRAPHIES

Photographies
Carlos Salgado
Facon Maison 10 rue des trois croissants 44000 Nantes
Du 16 Septembre au 31 Novembre 2011


Foncés, sous des fesses arrondies et des formes
Décalant de la jambe informe au cou conforme
Ces modèles extravertis en dehors : corps
Implosent la photographie et encore : or

Banale : la photographie ou le modèle ? Insolite : le modèle ou la photographie ?
Une femme porte un tutu. Le corps pris sur le vif nous retrace la chorégraphie toute entière.
Mais de quelle danse parlons-nous ? Au spectateur de se l'imaginer.
Un arrêt sur image brutal... Quel est l'avant ? L'après ?
Danse parcellaire.
A partir de formes abstraites, c'est le corps qui se dessine.
Fragmentations de natures futuristes. Extraterrestres filant sous la focale d'un gus avide.
Face cachée. Proximité de nos regards. Pourtant, rien ne nous est laissé apparent.
Les visages nous sont cachés.
Le travail du photographe nous dévoile l'invisible mais nos yeux continuent de chercher.
Que pensent-ils trouver ? L'intimité ?
Chaleur de ce qui nous est montré, froideur de nos regards curieux.
Ils continuent de chercher.
Images volatiles : c'est reconstituer
un tout à partir de fragments. Des fragments à partir d'un tout.
Morceau d'un univers : on nous plonge.
Un objet photographié, un portrait, une prise de vue ?
Sommes-nous pris en vue ?
Voyeurisme, on ose se retrouver.
Nous voyons clair. Pourtant, nous ne sommes pas sobres.
On nous cadre la photographie mais nos yeux ne voient ni ensemble ni bouts : bizarrerie.  

Marlène Blondeau


Sans titre

Sans titre

Sans titre

Photos de Carlos Salgado


Pour plus de renseignements :