jeudi 3 novembre 2011

3 DESTRUCT

Festival Scopitone
Une oeuvre de  Yannick Jacquet, Thomas Vaquié, Jérémie Peeters
Le Lieu Unique - 2 rue de la Biscuiterie 44013 Nantes -
Du 12 Octobre 2011 au 16 Octobre 2011


Pénombre.

             Déflagration de lumière
                                       Pénombre.

                                                 Flash Aveuglement
                                                              Pénombre.

Le rythme s'accélère. Le corps pénètre une géographie mouvante, code-barre criblé sous les lasers. Les sons martèlent l'espace, démultiplient l'architecture, ouvrent des voies les referment aussitôt.

          Danse
                 Vibration
                          Violence
                                    Mitraillement

Le corps se glisse entre les peaux légères et invisibles qui ondulent sur son passage. L'espace se resserre, se dilate se contracte à nouveau dans une respiration saccadée.
Le corps se heurte, se retourne.






Lorsqu'il s'éloigne enfin, étourdi, les hautes colonnes du hangar vide résonnent de bruits de sons de bourdonnements vrombissements grésillements sifflements.

 Suzanne Crequy 




3Destruct, Yannick Jacquet, Thomas Vaquié, Jérémie Peeters


3Destruct, Yannick Jacquet, Thomas Vaquié, Jérémie Peeters


                              
                                                                                                            Photographies de Justine Delétang

WALPURGISNACHTSTRAUM



Une exposition de Gérard Garouste
Galerie Daniel Templon - 30 rue Beaubourg 75003 Paris -



Du 08 août 2011 au 29 Octobre 2011






Petite souris creuse moi les lèvres. Mange-moi de l’intérieur. Petite souris toute rouge tu es mes lèvres et je t’embrasse.

J’ai envie de toucher, ça doit être chaud et moite. Tu as toujours envie de toucher, mais là tu dis n’importe quoi. La peinture c’est froid. La peinture ça ne vit pas. Mais si regarde, elle a respiré. Regarde encore, elle brûle. C’est la fièvre…

Il n’y a rien au milieu de la pièce qu’un golem qui s’arrache de sa toile. Il me poursuit. Je recule, je recule, je me retourne. Et là c’est un homme qui enfante. D’un veau ou d’un agneau.
Je plonge dans la robe jaune et ressors une salle et quatre toiles plus loin. C’est une gouache, on y nage mieux.

Deux petites pommes rouges passent d’une toile à l’autre. Petit singe voleur.

La peinture danse, voit trouble. Je crois que c’est fini mais le prospectus m’indique un autre boyau au bout duquel je trouverai l’appendice.

De la glaise en bronze ! J’ai encore une furieuse envie de toucher… Moi aussi je veux lui arracher le visage, la défigurer, lui tirer l’oreille jusqu’à pouvoir m’en faire un parachute.

Monsieur, je ne serre pas la main aux gens qui ont la bouche pleine.
Madame, je ne trinque pas avec les cochons.

Jade Boissin

Vue de l'annexe.
Dans le fond Walpurgisnachtstraum.


Vanité au singe (huile sur toile)


Vue de la salle principale.
A gauche L'Harfand et la souris rouge, à droite La mandragore et le ricin.










Pour plus de renseignements :
www.danieltemplon.com


PLANE SCAPE

Festival Scopitone
Une installation/sculpture sonore, lumineuse et interactive collective produite et réalisée par Wolfgang Bittner, Lyndsey Housden, Yoko Seyama et Jeroen Uyttendaele
Parcours Numérique à Stéréolux - 4 bd Léon-Bureau, 44200 Nantes -
du 12 Octobre 2011 au 16 Octobre 2011 


La porte se referme derrière moi, l’obscurité envahit mes persiennes, des sons dégoulinent dans mes tympans, comme de la taule qu’on tord doucement, métaux froissés. Mécanique ralentie. Il fait noir dans la salle et nos pupilles viennent se cogner sur des légions de points lumineux en suspension dans le vide, ils bougent lentement, se déplacent de haut en bas, puis l’inverse. Des variations selon les sons. La légèreté m’envahit. 
Les spectateurs ne sont plus là, je les ai laissés derrière moi. Moi et cette sensation de vide qui m’envahit, j’ai oublié, tout oublié devant ces sortes d’astres qui voltigent de bas en haut, de haut en bas sur les câbles élastiques.
Alors je vais m’assoir au cœur de l’immensité de cette structure aux allures astrologiques. Assis là au milieu des câbles tendus et des lumières bleutées en perpétuel mouvement, j’oublie le reste. Je fais une croix sur les pensées complexes, je m’absorbe dans la contemplation totale et j’ai cette impression de vide accrochée à mon ventre.
Ça tangue, ça tourne, ça bouge devant mes yeux, j’ai l’impression que tout tremble et pourtant je reste statique sur le sol, à rester stupéfait devant l’immense kaléidoscope lumineux. Le réel n’existe plus, c’est un peu comme si l’on était aux portes du subconscient, dans les prémices d’un rêve. Pourtant les frissons parcourent mon dos, mon sourire se suspend sur mes lèvres, je reste béant face à l’immensité. 
Huis-clos en mouvement incessant, impression de chute, d’une vitesse vertigineuse, 
Mais aussi de suspension, que tout est immobile et vif à la fois. Un contraste total entre une sensation de violence crue et une émotion douce c’est-ce qui pourrait définir le plus simplement Plane-Scape, une installation du parcours numérique proposé par Stéréolux à l’initiative du festival Scopitone.


Wénaël Aloë


Plane-Scape par Christian van der Kooy ©



 Plane-Scape par Christian van der Kooy ©




Pour plus de renseignements : 


http://www.stereolux.org/"www.stereolux.org 
http://www.scopitone.org/"www.scopitone.org 
http://www.plane-scape.net/"www.plane-scape.net 

mardi 17 mai 2011


?Como asustar al pulpo? (sorcellerie culinaire)

 dimanche 20 février, au FRAC des Pays de la Loire, à l'occasion du dernier jour de l'exposition des XXIVe Ateliers internationaux, Les vagues 

 ?Como asustar al pulpo? (sorcellerie culinaire),
une performance de Loreto Martinez Troncoso & Ewen Chardonnet
 commissaire d'exposition: Emilie Renard       www.fracdespaysdelaloire.com

 Dans une cuisine équipée d'un vidéo-projecteur.
Loreto, originaire de Vigo en Galice, nous fait découvrir sa culture en cuisinant du poulpe.
 Poulpe, archétype de la peur depuis les mythes fondateurs au Moyen-Age.
L'animal sur son épaule, elle le frappe violemment sur le sol.
 Thalassocratie, conquête des mers des Anglais, Espagnols, Portugais...
Le poulpe est encore traditionnellement consommé en Galice.
 Hobes, au XVIIe s. associait le Léviathan, monstre marin, au pouvoir d'État.
La chair du poulpe attendrie est plongée dans l'eau bouillante d'une marmite.
 Le Béhémoth babylonien, règne en monstre terrestre.
Il faut faire peur au poulpe par le plongeon dans l'eau bouillante.
 Télurocratie, conquête des terres par Russes, Chinois...
De la purée de pommes de terre est préparée.
 Béhémoth, figure des revendications sociales.
Une boisson alcoolisée au café est préparée par Ewen qui tremble.
 Les Chrétiens voulaient désenvouter les païens, pris de danse de St-Guy. Les parcelles de terre étaient mal distribuées et la prise de LSD ne pouvait être désenvoutée.
Ewen flambe le breuvage.
 Modernité, les Soviétiques voulaient tuer Dieu (Dostoïevski, Camus).
Les victuailles sont offertes aux spectateurs.
 Nietzsche aurait tué Dieu.
Encore à boire?
 Un texte plus que touchant de Nathalie Sarraute a été lu par Loreto, portant sur ses habits les marques de lutte avec le poulpe. Une confusion entre l'exorcisation d'un mal et celui des symptômes de l'expression verbale publique s'est opérée.
Le poulpe effrayé par le courage était délicieux.



Franck Olivier

lundi 16 mai 2011


John Franklin Koenig, exposition
Du samedi 29 janvier 2011 au dimanche 3 avril 2011
Le musée des Beaux-Arts de Nantes présente dans la Chapelle de l'Oratoire six peintures, une trentaine de dessins, collages et estampes ainsi qu'un remarquable ensemble d'une centaine de photographies réalisées principalement au Japon.

Dans cette exposition de John Franklin Koenig, trois toiles disposées de manière verticale ont retenu mon attention. Ici des couleurs plutôt anciennes sont utilisées ; le fonds bleu notamment qui donne une impression de distance et de froideur contraste avec des formes oranges plus proches de nous, qui apparaissent plus chaudes. On retrouve dans ces peintures des formes géométriques très distinctes. Le triangle qui représente pour Koening l'énergie humaine, le carré symbolisant la terre et enfin le cercle pour l'univers. Les compositions ne semblent pas très équilibrées ce qui donne une impression d'instabilité voire de chaos. C'est un peu ce sentiment d'instabilité qui m'a animée lorsque j'ai contemplé ces œuvres. J'ai l'impression d'assister au déluge avec des formes qui ressemblent à des vagues s'entrechoquant contre le triangle. 


Miseon PARK


Négritude, impossible de passer à côté du terme lorsque l’on expose le grand poète qui en est à l’origine ! La « déco » vous le fait comprendre ! Vous êtes au plus profond de la forêt (ou au quai Branly ?), au loin le cœur de l’Afrique bat… Vous y découvrez des trésors ! 
Après tout, c’est en son sein qu’est née l’inspiration de ces hommes dont la rencontre fut au départ forcée par le contexte politique ; 1941 L’Emergency Rescue Commitee dirigée par Varian Fry et Daniel Benedite prend la mer en direction des Etats-Unis, avec à son bord l’artiste peintre Wifredo Lam, ainsi que tous les intellectuels hostiles au nazisme (notamment les surréalistes regroupés autour de Breton). Une escale forcée par le gouvernement de Vichy amène le peintre à séjourner un mois en Martinique. Nait alors une amitié très inspirante avec le poète. 1948, Picasso rencontre Césaire à l’occasion du Congrès pour la paix de Wroclaw, ce qui donnera naissance au recueil Corps perdu publié avec 32 gravures de Picasso. Dans l ‘exposition, on retrouve une douzaine d’eaux fortes du peintre présentées à côté d’extraits de poèmes de Césaire. Celle-ci se termine sur une série de gravures réalisées par Wifredo Lam. Ces dernières n’étaient pas conçues pour illustrer des textes. C’est lui, qui au contraire, a demandé à Aimé Césaire de composer des poèmes pour les accompagner. Cette exposition, du fait de sa modeste taille, semble appeler le visiteur à découvrir davantage Césaire, son œuvre, ses combats. (Je retiens et conseille : La Tragédie du Roi Christophe, 1946). Ce qui m’étonne le plus c’est de découvrir le nombre d’artistes ayant travaillé aux côtés du poète, notamment pour l’illustration de ses ouvrages, comme par exemple, des contemporains tels que Buren.  Cette volonté d’échanger, de partager, de mettre en commun leur travail illustre à mon sens directement la pensée de l’auteur, à savoir celle du métissage. 

Aimé Césaire, Wifredo Lam, Pablo Picasso: "Nous nous sommes trouvés",
Galeries nationales du Grand Palais, du 16 mars au 6 juin 2011
Anne Wohlgemuth 






                                                                                                              Pascal Rivet 

                                                                                                              C’est encore loin

                                                                                                                                    18 mars- 15 mai 2011
                                                                                                                                    Lieu Unique



 Un pied posé dans la salle et un hangar apparaît, d’ici hermétique.
Là-bas peut-être une entrée.
Nous sommes invités à aller chercher.
Une attente là pour qui veut.

Essayer de deviner d’ici ce qui se trouve là-bas, contourner, être pris par…
Une odeur avant tout. Qui paraît si lointaine.
Pas de celles de tous les jours, mais si identifiable et particulière pourtant.
Ce hangar se nourrit de souvenirs, inattendus ici.
Je n’ai que des granges fictives en tête, d’imagination. Ce qui fait déjà plein d’images.
Mais ce lieu ci est improbable.
Il ne peut coller vraiment à l’idée qu’on s’en fait.
Il évoque seulement.
Une sorte de grange témoin, au même titre que les maisons.
Même l’odeur de foin paraît propre.

Dans ce drôle d’écrin, attend une Lincoln.
Faite de bois. Du bois d’un rêve sûrement.
D’un rêve américain dans une chambre de grand enfant.
Un jouet décoloré.

Ne pas toucher. Il est répété de ne pas toucher.
Et c’est pourtant le réflexe, l’envie commune aux visiteurs.

Qu’est-ce qui appelle la main ?
La chaleur du bois, la bonne exécution ?
L’envie d’ancrer cette vision dans le proche, le réel ?
C’est ce qui me saisit le plus.
Cette frustration du visiteur.
Etre enfermé dans l’image témoin d’une fiction qui n’a pas encore eu lieu.
Et ne pouvoir toucher.

Et quels seraient les sons produits par un moteur, des roues de bois ?

Je me raconte une histoire.
Parce que je ne me trouve pas dans une histoire.
Il n’y a ici que des éléments neufs, en attente pour la constituer.
J’en fais ce que je veux.
En regardant je peux imaginer toucher, monter, partir.

Partir quelque part. Ici ou là-bas.

Puis une fois lassée, abandonner l’histoire, la voiture et sa mémoire décolorée.

 Iris TLEMSAMANI